L'église Notre-Dame de Beauvoir à Grambois, en Vaucluse, est un édifice religieux dont les origines remontent au haut Moyen Âge. Mentionnée dès 1096 dans un privilège papal, cette église témoigne de l'importance historique du village provençal, particulièrement enrichi par l'installation de la papauté à Avignon au XIVe siècle.
Au fil des siècles, Notre-Dame de Beauvoir a connu plusieurs transformations majeures. Jugée trop petite dès le XIVe siècle, elle a fait l'objet de campagnes d'agrandissement aux XVIe et XVIIe siècles, avec l'ajout de chapelles latérales et d'une sacristie. À la fin du XVIe siècle, l'église a même été fortifiée lors des troubles régionaux, recevant une tour défensive au-dessus du chœur.
Le tremblement de terre de 1708 a gravement endommagé l'édifice, nécessitant une reconstruction complète de ses voûtes et de sa façade. Ce patrimoine architectural provençal, restauré et embelli au fil des âges, mêle influences romanes et modifications défensives caractéristiques de la région. Une visite via Runes de Chêne permet de découvrir cette richesse historique et architecturale en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
« En 1050, une charte mentionne une « villa », probablement un établissement du haut Moyen Âge. Le chanoine Randulfe fait dont de tout ce qu'il possède dans le comté d'Aix, près de G… »
« En 1050, une charte mentionne une « villa », probablement un établissement du haut Moyen Âge. Le chanoine Randulfe fait dont de tout ce qu'il possède dans le comté d'Aix, près de Grambois, aux chanoines de Notre-Dame d'Avignon, en 1027[1]. L'église est citée la première fois en 1096 dans un privilège accordé par le pape Urbain II à l'abbaye Saint-André-lès-Avignon et qualifie Grambois d'oppidum. L'église est citée de nouveau dans une confirmation par le pape Innocent II, en 1143, puis en 1165 dans un pacte passé en 1165 entre l'archevêque d'Aix-en-Provence Pierre IV et l'abbé de Saint-André, Pons. L'église est mentionnée en 1227, 1274 et 1351. Dans un procès-verbal de visite pastorale du 28 avril 1343, l'archevêque d'Aix Armand de Narcès constate que l'église est trop petite pour la population malgré l'adjonction de tribunes et demande l'agrandir dans les trois ans. À la suite d'un legs de noble Sanche Botine, en 1348, fondation de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, au sud de la quatrième travée de la nef. La région s'enrichit avec l'installation de la papauté à Avignon. La reine Jeanne concède en 1360 la seigneurie de Grambois à un neveu du pape Innocent VI, Guy Albert. Dans deux visites pastorales, en 1423 et 1486, l'église est déclarée en bon état. Au XVIe siècle, l'église est déclarée trop petite. À la suite d'un long procès entre la commune et le prieur Jean-Baptiste de Laigue d'Oraison, évêque d'Oraison, la commune passe un marché le 21 janvier 1545 avec Jacques Jehan, maçon de La Tour-d'Aigues, pour agrandir l'église. Un compromis est passé le 24 janvier 1560. Il est prévu de remplacer les trois chapelles latérales donnant sur les trois premières travées de la nef par un bas-côté au sud, entre le mur de la façade de l'église et la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Jacques Jeahan doit aussi réaliser des combles en charpente au-dessus des voûtes de la nef, ce qui impose de rehausser le clocher. Les travaux avancent rapidement. L'évêque trouve l'église en bon état en 1582. En 1589, en raison des troubles de la fin du XVIe siècle, le seigneur de Grambois, Jean de Gautier, établit un programme de fortification du village. Une tour avec une chambre voûtée est élevée au-dessus du chœur. Les parties hautes de l'église sont modifiées pour ajouter des défenses. La maison claustral située contre l'église est transformée en château. Les travaux sont confiés au maçon de La Tour d'Aigues Nicolas Bérard. Il a aussi refait la grande porte de l'église « avec deux pilastres et cornisse ». La sacristie est construite en 1657 contre le flanc sud du chœur. Trois chapelles latérales sont ajoutées côté nord de la nef au cours du XVIIe siècle. L'église est gravement endommagée par le tremblement de terre de 1708. La voûte en berceau qui s'est écroulée est reconstruite ainsi que les parties hautes. La façade est aussi reconstruite et on lui adjoint un petit clocher destiné à l'horloge. Un campanile en fer forgé y est ajouté au XIXe siècle. La partie de la sacristie dont la voûte s'est effondrée est reconstruite en 1855. »