Issue du domaine des comtes de Forcalquier, la baronnie de La Tour-d'Aigues est passée au Moyen Âge des Sabran à la puissante famille provençale des d'Agoult. Le seigneur Fouquet d'Agoult, baron de Sault, chambellan de René d'Anjou, décide de créer une réserve d'eau pour son château de La Tour-d'Aigues et fait construire un aqueduc au XVe siècle. Une grande bastide est alors construite au bord de l'étang, à l'emplacement de l'actuel château de la Bonde. L'étang ainsi constitué permit d'irriguer toute la vallée d'Aigues, contribuant à l'expansion de l'agriculture.
Passé par mariage aux Bouliers-Cental, qui font reconstruire le château de La Tour-d'Aigues en style Renaissance, le domaine revient finalement au maréchal François de Créquy, gendre de François de Bonne de Lesdiguières. La baronnie est achetée au XVIIIe siècle par les Bruny de La Tour. L'un des fleurons du domaine du président Jean-Baptiste Jérome Bruny de La Tour d'Aigues, agronome du siècle des Lumières, est l'étang de la Bonde, célèbre pour son élevage de carpes [1]. Le président de Bruny, physiocrate, introduit également dans son domaine des cultures nouvelles, comme la pomme de terre, et fait paître des moutons mérinos. Dans la première moitié du XIXe siècle, le domaine de la Bonde est encore propriété de sa fille, la marquise de Caumont (1767-1850), ainsi que la plupart des bois du Luberon.
Vaste bâtisse jouxtant l'étang, le château de la Bonde est lié à un domaine viticole établi à la fin du XIXe siècle, comprenant l'étang (30 hectares), une colline au nord l'abritant du mistral et plusieurs fermes dans la commune de La Motte-d'Aigues (La Petite Bonde, la Félicianne, le Moulin-Neuf, la Cadenière et le Claux). Le château, entouré de vastes communs agricoles (dont l'ancienne cave viticole et le château d'eau), précédé d'une double rangée de platanes, est bâti en L : la maison de maître face à l'étang, et une aile en retour abritant la chapelle et flanquée de la tour de l'horloge. Le domaine a appartenu à l'écrivain Gustave Fagniez (1842-1927) puis à son fils l'entomologiste Charles Fagniez (1874-1952), qui a mené de nombreuses investigations sur la faune du massif du Luberon.
Il y a également un camping et 3 restaurants a proximité