Le Fortin des Goudes, niché à l'entrée du petit port de pêche éponyme à l'extrémité sud de Marseille, est un témoin fascinant de l'histoire militaire et maritime de la ville.
Voici un résumé de son évolution à travers les âges :
1. Une sentinelle contre les invasions (XVIIe - XVIIIe siècles)
Dès le XVIIe siècle, la position stratégique des Goudes est identifiée pour surveiller l'accès à la rade de Marseille. À l'origine, il s'agissait d'une simple tour de vigie destinée à prévenir les incursions de pirates barbaresques et à surveiller les navires suspects pouvant apporter la peste.
2. La fortification sous Napoléon (XIXe siècle)
C’est sous le Premier Empire et la Restauration que le site prend sa forme de « fortin ». Napoléon Ier renforce les défenses côtières pour contrer la menace de la flotte britannique.
1811 : Construction d'une batterie de côte.
1850-1860 : Le fort est modernisé dans le cadre du grand plan de défense du littoral français (système Séré de Rivières plus tard). On y installe des plateformes d'artillerie pour protéger le sud de la baie.
3. La Seconde Guerre mondiale et le "Sudwall"
Pendant l'Occupation, l'armée allemande intègre le Fortin des Goudes au Sudwall (le mur de la Méditerranée).
Des bunkers et des casemates en béton sont ajoutés pour abriter des canons et des nids de mitrailleuses.
Le site devient un point de verrouillage essentiel contre un éventuel débarquement allié en Provence.
4. De la ruine à la réhabilitation
Après la guerre, le fort perd son utilité militaire et tombe progressivement en ruine, devenant un terrain de jeu pour les locaux et les randonneurs.
Le renouveau : Dans les années 2000, le site a bénéficié de travaux de sécurisation et de valorisation.
Aujourd'hui : Bien que les bâtiments eux-mêmes soient fermés au public pour des raisons de sécurité, le site offre l'un des plus beaux panoramas de Marseille, avec une vue imprenable sur l'île de Maïre et l'archipel de Riou.
Le saviez-vous ? Le Fortin est souvent confondu avec le Cap Croisette tout proche, mais il reste le symbole indissociable du quartier des Goudes, surnommé par les Marseillais "le bout du monde".