Ce calvaire, pour le moins étrange, est certainement unique en son genre. Il est constitué d’une double croix en fer forgé sur un socle de pierre. Sur cette croix, quatre représentations identiques du Christ, adossées deux par deux, regardent dans quatre directions différentes. On peut lire sur certains documents qu’ils sont orientés vers les quatre points cardinaux. Il fut édifié, après la Révolution, par d’anciens émigrés, les frères Ricourt, fils d’une famille aisée de cultivateurs. Suspectés de sympathies contre-révolutionnaires, ils furent arrêtés mais réussirent à fuir, puis à quitter la France. À leur retour, ils firent ériger quatre crucifix adossés, accomplissant ainsi le voeu qu’ils avaient formé d’élever un monument à la gloire du Christ, s’ils revenaient vivants de leur exil. On peut d'ailleurs lire sur son socle : « Dieu a pardonné. Déportés, émigrés, priez. Dieu de bonté, protégez Bersée, 1793. Dieu hait l'orgueil et l'hypocrisie. L'écriture le dit, 1838. »