Village celte du Wasserwald
Runes de Chêne Ruines et vestiges Village celte du Wasserwald
Ruines et vestiges

Village celte du Wasserwald

Unnamed Road, 67700 Haegen, France

Photo par Un voyageur sans nom

Village celte du Wasserwald — photo 1
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Découvrez le Wasserwald, un fascinant village celte perché sur les hauteurs vosgiennes d'Alsace. Ce site archéologique de 40 hectares, situé près de Haegen, témoigne de l'histoire des Celtes qui ont choisi de s'installer en montagne après la conquête romaine. Contrairement aux peuples des plaines, ces derniers Gaulois ont préservé leurs traditions cultuelles et culturelles pendant près de cinq siècles, rejetant l'influence romaine.

Le site révèle une organisation complexe : habitations à colombage regroupées en enclos, sanctuaire gaulois (fanum) dédié aux divinités Teutates et Épona, zone funéraire avec sépultures en pierre, et vestiges d'activités agricoles et artisanales. Les fouilles archéologiques, dont les pièces remarquables sont conservées au musée de Saverne, montrent une vie basée sur l'élevage, la culture de céréales, l'exploitation du grès et de la forêt.

Idéal pour les passionnés d'archéologie, d'histoire ancienne et de patrimoine celtique, ce lieu offre une immersion unique dans la vie quotidienne des Celtes en Alsace. Une promenade d'environ 5 minutes depuis le panneau d'accès mène aux premiers vestiges de pierre sèche remarquablement conservés.

Un voyageur sans nom
Un voyageur sans nom
14 octobre 2020

« Le site du Wasserwald est un ancien village celte, situé sur les hauteurs vosgiennes de Stambach occupant plus de 40 hectares. Pour y accéder, il vous suffit de prendre la route di… »

« Le site du Wasserwald est un ancien village celte, situé sur les hauteurs vosgiennes de Stambach occupant plus de 40 hectares. Pour y accéder, il vous suffit de prendre la route direction Stambach, avant l'entrée du hameau, prenez la route forestière à gauche et passez la ligne ferroviaire. Après la station de traitement des eaux, prenez à droite en direction de la route forestière de Hultehouse. Il vous faudra continuer durant environ 3 km avant de tomber, sur votre gauche, sur le chemin menant au site "Gallo-romain du Wasserwald". A partir de ce panneau, il ne vous reste plus que 5min de marche avant de tomber sur les premiers murets de pierre. La vie était très rude dans ces hauteurs, le climat n'étant pas le plus favorable pour l'homme ainsi qu'une terre gréseuse. Mais alors pourquoi ce village est-il là ? Un peu d'histoire... Après la conquête de la Gaule, César installe dans le nord de l'Alsace la tribu germanique des Triboques à Brocomagus (actuelle Brumath) et redistribue les terres en imposant les lois et coutumes romaines. Dans ce contexte, certains celtes ne courbant pas l'échine, décident de s'installer dans les hauteurs vosgiennes (vers la fin du 1er siècle av. J.-C). Dans une certaine logique, les celtes occupants les territoires entre Metz et le Rhin était les Mediomatrici, il y a donc de forte chance que ce village était un des leurs. Les fouilles ont su démontrer que les celtes habitants ce village sont restés très attachés à leurs mœurs et coutumes. Contrairement aux peuples vivant en plaine, la culture romaine n'eut aucune influence sur eux. Ils n'empruntèrent aucune technique aux Romains et semblèrent vivre en autarcie. Les échanges, comme en témoignent les objets retrouvés lors des fouilles, avec les autres peuples sont limités au strict minimum. Les nombreuses trouvailles archéologiques se trouvent (pour les plus remarquables) au musée de Saverne. Le site : Le Wasserwald s'étale sur plus de 40hectares. Plusieurs zones de vie sont découpées, entre habitations, fermes, zone cultuelle et zone funéraire. Les habitations : Elles étaient disposées dans des enclos délimités par des murs. On dénombre près de 25 enclos avec des superficies allant de 10 ares à 1,25 hectare. Les enclos étaient repartis de part et d'autre des chemins disposés perpendiculairement à un chemin principal dénommé Viehweg (chemin du bétail, nom donné par l'archéologue Fuchs). Les maisons sont constituées d'une ou deux pièces. Les murs sont réalisés à l'aide d'un soubassement en pierre sèche d'environ 1 m de hauteur surmonté d'un colombage en bois dont les vides sont comblés avec du torchis. Les murs supportent une charpente en bois surmonté d'un toit en chaumes. La tuile est quasiment inconnue. Le sol de la maison est formé par le socle rocheux. Si celui-ci est surélevé par rapport au terrain environnant, quelques marches taillées permettent l'accès. Ces maisons sont probablement les ancêtres des maisons à colombage que l'on voit dans les villages alsaciens. Les maisons servent de lieux d'habitations aux hommes, de remise, d'étable ou d'atelier. Elles peuvent être dispersées dans l'enclos ou être regroupées autour d'une cour centrale comme à la ferme "T" du Wasserwald. Les archéologues y ont dégagé six pièces placées en enfilade donnant sur une cour. Le passage d'une pièce à l'autre se faisait par cette cour. L'activité principale des villageois était l'agriculture et l'élevage pratiqués dans les enclos. Les sols utilisables sont minces (environ 20 cm de terre) et très pierreux. Les exploitants durent retirer ces pierres avant la mise en culture. Les celtes cultivaient alors des céréales et des légumes tels que les oignions et les lentilles et des plantes textiles telles que le lin ou le chanvre. Outre les animaux de basse cour, les bovins, porcs, moutons, chèvres et les chevaux étaient élevés. Les villageois exploitaient des carrières de grès pour la construction et les forêts pour le bois de construction et le bois de chauffage. Le village devait également abriter des artisans plus spécialisés comme un forgeron, un potier ou un charpentier. L'exploitation du grès et de la forêt ainsi que le surplus de production agricole devait certainement faire l'objet d'échange avec les peuples vivant en plaine. La zone cultuelle : Un sanctuaire typiquement gaulois a été retrouvé au Nord du village, haut lieu énergétique. Il s'agit d'un FANUM, temple se présentant sous la forme d'un presque carré de 50 m de côté bordé de murs en pierre sèche. L'entrée dans cette enceinte se faisait par le sud (par le Viehweg). Dans l'angle nord-est est placé la cella (maison où réside le Dieu/la Déesse). Les trouvailles archéologiques tendent à prouver que dans ce FANUM devaient être vénérés Teutates et la déesse Epona. Epona assurait les fonctions de fertilité, très importante pour les Celtes habitants ces lieux mais également la fonction de guider les âmes. Teutates assurait quant à lui la protection de la communauté et de son territoire. Dans une des fermes "T", des vestiges d'une statue de Taranis à cheval terrassant un géant barbu à queue de poisson ou de serpent a été retrouvée. Taranis brandit la foudre et tient sous son bras la roue solaire. Cet ensemble était disposé au sommet d'une colonne. De nombreuses représentations de Taranis au géant anguipède ont été retrouvées dans les sites des sommets vosgiens. Les archéologues voient dans cet ensemble, la représentation d'un puissant dieu qui commande aux éléments et terrasse le monde souterrain et la nuit, symbolisé par le monstre anguipède. La zone funéraire : La zone funéraire se trouve à l'est du village, Les Gaulois croyaient en 'l'immortalité de l'âme. Il existe pour eux un monde après la mort; mais aucun mot celtique ne le désigne. Par des cérémonies traditionnelles, les Gaulois espèrent obtenir un sort meilleur à leurs proches décédés. C'est pourquoi les sépultures sont conçues comme des demeures d'éternité; le défunt est entouré d'objets nécessaires à la vie; des symboles sculptés sur la stèle funéraire assurent la protection de la tombe et du défunt, parfois ils rappellent le passage du monde des vivants à celui des morts. Divers types de tombes sont connus : · Une simple cavité dans la roche rudimentairement aménagée avec quelques pierres de calage · La tombe familiale entourée d'un muret sur le modèle de la maison de pierre sèche · La tombe à bordure de grand appareil, un entourage fait de gros blocs de pierres, surmontées de blocs semi-cylindriques. Voici une description d'une tombe de cette époque : · son plan d'ensemble rappelle celui de la maison et du temple, à savoir un enclos bordé de murets et à l'intérieur, la sépulture proprement dite · le défunt incinéré est placé dans une urne de verre, de terre cuite ou de grès( l'urne est parfois volontairement brisée). Le mobilier funéraire comprend souvent des clous, parfois un gond de porte ( le " passage " ) mais aussi des objets de la vie, armes de chasse et haches pour les hommes, bijoux (fibules, perles) pour les femmes. · le plus souvent un caisson de pierre protège l'urne et le mobilier. · au-dessus, la stèle, très souvent en forme de maison; elle rappelle par sa forme la hutte ou la maison gauloise, une ouverture y représente la porte et permet le contact entre le défunt et les vivants. Elle est souvent décorée, en particulier de symboles astraux (roues, croissants de Lune). Le site du Wasserwald a connu son apogée entre 170 et 250 apr. J.-C. Cette période correspond avec une forte activité de construction de la part des Romains. Les "derniers gaulois" des hauteurs vont donc fournir bois et pierres de construction. Les sites de hauteur sont abandonnés à partir de la fin du IIIe siècle apr. J.-C, époque à laquelle Rome commence à s'écrouler et les invasions des peuples de l'est s'intensifient. La demande en matériaux de construction s'amenuise et la situation économique devenait difficile. La vie dans ces villages de hauteur devait être pénible surtout durant les longs hivers. Tous ces facteurs ont donc contribué au retour de ces hommes au sein des plaines. C'est un site magnifiquement bien conservé, où ces derniers gaulois ont pu garder leurs pratiques cultuelles et culturelles durant près de 5 siècles. Gloire à eux. Askr. »

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