Situé dans le 7e arrondissement de Lyon, au cœur de l'actuel parc Blandan, le Château de La Motte est un site chargé d'histoire qui a traversé les siècles, changeant de visage au gré des époques.
Voici les points clés de son évolution :
1. Les Origines : Une "Motte" Médiévale
Dès l'époque gallo-romaine, le site semble occupé, mais c'est au Moyen Âge qu'il prend son nom. Le terme "motte" désigne une éminence de terre (naturelle ou artificielle) sur laquelle était bâtie une fortification. À l'origine, il s'agissait d'une maison forte stratégique protégeant l'accès sud de Lyon.
2. La Renaissance : Prestige et Réception
Au XVIe siècle, le château perd son aspect purement défensif pour devenir une demeure d'agrément.
Il appartient à de riches familles lyonnaises, notamment les Villars.
Le site est prestigieux : il accueille des hôtes illustres de passage à Lyon, comme Marie de Médicis en 1600 lors de son voyage pour épouser Henri IV.
3. La Transformation Militaire (XIXe siècle)
Après la Révolution, le destin du château bascule totalement vers le domaine militaire :
1831 : Sous Louis-Philippe, Lyon s'entoure d'une ceinture de forts. Le château est intégré au dispositif et devient le Fort de La Motte.
On y construit d'imposantes casernes pour loger la troupe (la caserne de la Part-Dieu étant alors insuffisante).
Le château lui-même est remanié pour servir de logement aux officiers et de bureaux.
4. La Caserne Sergent Blandan
Au XXe siècle, le site est connu sous le nom de Caserne Sergent Blandan, en hommage à Jean-Pierre Blandan, héros des guerres coloniales en Algérie. Le complexe reste une zone militaire fermée aux Lyonnais pendant plus d'un siècle.
5. Le Renouveau : Un Parc Urbain (XXIe siècle)
En 2007, l'armée quitte les lieux. Le Grand Lyon rachète le terrain pour le transformer en un immense espace public :
2013-2014 : Ouverture du Parc Blandan.
Le château, classé aux Monuments Historiques, a été conservé au centre du parc. Après des années de réflexion sur sa réhabilitation, il fait l'objet de projets de restauration pour préserver ce témoin unique de l'architecture lyonnaise, mêlant éléments médiévaux, Renaissance et militaires.