Le Pont de Constantin, situé à Arles en Provence, incarne un chef-d'œuvre d'ingénierie antique reliant la ville à la Camargue depuis l'époque romaine. Édifié au Ier siècle, ce pont hybride associait des structures en pierre aux extrémités à un pont de bateaux central, supportant deux chaussées distinctes : l'une pour les piétons, l'autre pour les véhicules et animaux. Doté de ponts-levis permettant la circulation fluviale, il constituait un enjeu stratégique majeur pour Arles, mentionné sur une mosaïque d'Ostie et décrit par le poète Ausone comme vital aux échanges commerciaux de la Gaule romaine.
Au-delà de son importance économique, le Pont de Constantin a marqué l'histoire médiévale : un effondrement en 428 lors d'un pèlerinage en aurait épargné les victimes, tandis que le Ve siècle le vit devenir enjeu de conflits entre Burgondes, Francs et Ostrogoths. Aujourd'hui, ses vestiges, largement immergés, ne subsistent que par les sources écrites et les prospections archéologiques sous-fluviales, faisant de ce monument un témoignage fascinant du passé prestigieux d'Arles.
« Dès l’Antiquité, un pont reliait Arles à la Camargue, probablement remplacé par un premier ouvrage romain à l’époque augustéenne. Le pont visible aujourd’hui est attribué à l’époqu… »
« Dès l’Antiquité, un pont reliait Arles à la Camargue, probablement remplacé par un premier ouvrage romain à l’époque augustéenne. Le pont visible aujourd’hui est attribué à l’époque de Constantin (1er quart du Ier siècle). Il combinait à la fois des parties en pierre à chaque extrémité et des parties en bois formant un pont de bateaux au milieu. Plusieurs bateaux de bois supportaient le petit et le grand "chemin", le premier destiné aux piétons, le second aux véhicules et animaux. L’ouvrage présentait, à chacune de ses extrémités, un pont-levis, manœuvré pour permettre le passage des embarcations. On trouve dans l’histoire, de nombreuses références à ce pont : Il est mentionné dès le Ier siècle sur une mosaïque d’Ostie (port de Rome), représentant le delta du Rhône. Au IVe siècle, le poète Ausone le décrit comme un pont de bateaux, central dans les échanges commerciaux de la petite Rome gauloise. En 428, un écroulement lors d’un pèlerinage est rapporté sans victimes, grâce à une protection miraculeuse. Au Ve siècle, il est un enjeu stratégique lors du siège d’Arles (507/508) entre Burgondes, Francs et Ostrogoths. Aujourd'hui, la seule connaissance de ce monument résulte de sources écrites ou figurées de l’époque ou de l'histoire d'Arles, ainsi que des prospections archéologiques sous-fluviales plus modernes, car les vestiges visibles de nos jours sont, en effet, très réduits ou immergés. »